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forum Index du forum forumVos ecrits forumUn conte d'une contrée.....

Auteur : Sujet: Un conte d'une contrée.....  Bas
 Tetu1950
 Messages postés : 16
 papoose à patinette
  Posté le 18/08/2006 20:05:36
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C’était un soir, un soir comme les autres….Le vent chantait, dansait, L’Océan était sage, s’en doute qu’il fallait tout ce calme.

Une légende d’ici ou d’ailleurs peut importe cela, une légende comme un calme montant en nous même. Un autre temps celui de l’imaginaire, mais nous avons besoin de croire que la légende existe. Qu’elle soit vraie ou fausse, c’est la légende.

Un vieillard la raconte, il a des cheveux blancs, il n’a pas d’habitudes, perdu dans son monde de la Celtie. Il est ivre mais pas d’hydromel, le vent pour seul compagnon déposant le sel de la vie qui fuit et l’Océan racontant, racontant encore et toujours.
L’Ankou veille besace vide, il ne sait si cela sera ce soir, il a le temps, d’autres âmes rempliront sa besace cela à ne pas en douter. La légende ne fait pas partie de son royaume elle est vivante et le sera toujours.

L’assistance est là, venant des quatre coins du vent, inconnues d’horizons lointains. Unis dans l’instant, le regard perdu sur un imaginaire meilleur, mais dans cet instant leurs esprits vagabondes en folles farandoles. Il surveille le fauteuil où un vieillard viendra sans qu’ils ne se rendent compte qu’il est là, alors ils feront ce grand silence avec cette soif d’entendre, entendre uniquement la légende. Alors la plainte de leurs vies s’en ira en d’autres lieux, sur d’autres horizons. Un instant ils seront à l’unisson…

Le fauteuil attend et personne n’ose s’asseoir dedans, le tavernier se prépare à râler car il sait, il sait ce qu’il a vue déjà bien des fois, il sait simplement…..

Soudain sans que nul ne le voie un homme tout de gris vêtu vint s’installer, il posa son manteau, son bâton. Il se frotta les mains auprès du feu, râla après ses vieux os. Puis demanda son hydromel, le Silence, le grand Silence se fit. L’homme pris son temps, celui de regarder cette assistance. Personne ne l’avait vue entré. Il n’était pas semblable aux autres hommes, il avait un âge indéfinissable celui du temps, ce temps qui court dans nos veines. Ses cheveux était blancs couleurs de ce sel, sel de l’Océan. Son chemin avait dû être long. Puis on entendit sa voie :

Je ne viens de nulle part,
J’ai parcouru bien des Océans
Bien des Forêts
Ceux là m’ont raconté
De bien étranges légendes

Je les raconte aujourd’hui
Allant et venant
Mais je ne sais
Quand elles s’arrêteront….

Ce soir en ce lieu
Tout est Silence
Alors il va de soit
Que ma mémoire
Vous dira une étrange Légende……

En Armorique, en Celtie
Les soirs ne se ressemblent pas
Ils sont pareils au coucher de soleil
Ici en Armor, en belle côte de granit.

Souvent bien des sirènes
Viennent ici se reposer
De leurs long voyages
Jamais terminés.

Plus loin dans le Landerneau
Ou bien dans le Fouesnant
Des Rois parcours la nuit
A la recherche de leur Graal.

On entend parfois encore
Dans le Val
Tout prés de Brocéliande
Morgane hurlant son désespoir
Et le gallot de deux cent chevaux
Ceux des Chevaliers perdus.

Là-bas au loin
Si vous faîtes attention
Vous entendrez la cloche
C’est Ys La Belle
Et Dahut ivre de sa recherche
Rome survit toujours…..

Et puis encore plus loin
Du haut de la cathédrale de Komper
Morvah’c qui guette l’instant
Celui de se remettre en route.

Tout cela est la Celtie
Celle que je parcours depuis si longtemps
Bien des Braves Gens j’ai rencontré
Ils étaient à l’unisson
Entre Ciel et Océan.
Visage durcit par le vent et le sel
Silhouette noir  pleurant, plutôt
Chantant, chant de la mémoire.

Jamais je n’ai vue,
Pareille overdose de Terre,
De rocher, d’Iles,
Dessinaient par un Océan
Il est grand et puissant
Des femmes en noir
Le savent bien
Elles qui prient, qui chantent,
Pour qu’ils reviennent.

Et ses Bateaux ivre de large
Dans des caps à tenir
Sous la voile gonflée
Ils me font tant rêver
Pourtant, là-bas
En basse Terre
Des silhouettes en noires
Prient, un Dieu
Qui ne les écoute pas.

Et puis il y a ces hommes
Qui regardent l’Océan
Dans un regard jeune
En partance pour le départ
D’un cap à tenir
Bon vent, mal vent,
Ils savent déjà
Qu’elles vont pleurer
Longues silhouettes noires
Sur le chemin de la côte
Marmonnant entre leurs dents.

Ils savent que fatiguées
Elles iront en chemin de croix
Tenté l’ultime chance
D’un retour tant attendu
De l’homme ivre de morue
Qui n’est jamais revenu
Demain elles recommenceront.

Vous entendrez Azénor
Priée pour ces bourreaux
Cela depuis le Yeu Elez
Que l’on dit maudit
Pourtant que l’Elez est belle
Sous la brume.
D’étranges silhouettes noires
Se promènent à cet endroit
Marmonnant le nom d’un Dieu.

Celtie tant de légende
Parcours la lande
Tant de chansons se font encore
Tant de noms sont bercés par la ritournelle
De l’Océan,
Tant de silhouettes noires
Qui marmonnent en Silence :
Le nom d’un Dieu
Le nom d’un Homme
Le nom d’un Fils
Le nom d’un Roi
Qui crie à la putain de morue.

Quand je me promène le long de ces grèves
Et que je regarde
Ces étranges silhouettes noires
Je ne vois pas de souffrance
Mais j’entends
Un long chant
Celui de la Celtie, ici en Armorique.

Ce soir je viens de vous raconter une légende, celle de tous les jours. Je vois de vos regards étonner cette étrange lueur d’un soir pas comme les autres. Cependant je sais que demain vous irez voir ces étranges silhouettes noires qui prient un Dieu sans connaître son nom. Je vous parle d’Amour pour un homme, pour un fils, pour un Roi, pour une Terre.

Quand à moi, comme le vent qui vient de se lever et qui cogne contre le volet, je vais vous quitter, mais je reviendrais, voir vos regards dans un étrange soir.

Il partit l’Ankou derrière lui, le vent avec lui. Tous nous sommes sortis et là-bas tout là-bas sur le quai de Douarnenez ces étranges silhouettes de noires vêtues. Nous pouvions entendre leurs marmonnements disant des noms, appelant, mais ne pleurant pas. Nous n’étions pas sûr qu’elles priaient, alors nous avons souris au vieillard qui avait su dans  un instant nous faire voir ce que nous n’avions jamais vue.

Les deux silhouettes de gris vêtues disparurent, le vent redoubla d’effort et au loin nous avons vue un trois mâts couché sur le bâbord filant dans un cap, celui à tenir.

Les montagnes bleues.....

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